La Ligue perd le Nord

Umberto Bossi, fondateur de la Ligue du Nord

Ébranlé par les révélations sur les malversations dont auraient bénéficié les siens, Umberto Bossi, fondateur du parti populiste la Ligue du Nord, a démissionné de ses fonctions de secrétaire général le 5 avril dernier.La chute du ténor du séparatisme Lombard pourrait bien modifier le jeu politique.

« Démission irrévocable », a déclaré Umberto Bossi à la sortie d’une réunion du parti implanté dans le nord du pays. Le désormais ex-secrétaire général de la Ligue du Nord a malgré tout été nommé président du mouvement fédéraliste. Un poste honorifique. L’homme qui a construit sa popularité sur le slogan « Roma Ladrona » (Rome la voleuse, on en parlait déjà ici), et sur la volonté de séparer le Nord du pays du Mezzogiorno corrompu, serait impliqué dans de sombres affaires de détournement de fonds et de liens avec la mafia Calabraise, la Ndrangheta. L’ironie ne s’arrête jamais dans le spectacle politique italien. Pour le remplacer, le conseil fédéral a choisi un triumvirat de choc : Maroni, Calderoli et Dal Lago.

A l’origine du scandale, Francesco Belsito, devenu trésorier du mouvement en 2004. Écoutes téléphoniques et perquisitions révèlent des transactions déconcertantes : Les magistrats de Milan, Naples et Reggio di Calabria, centrent alors leur enquête autour d’investissements douteux faits par la Ligue en Tanzanie et à Chypre pour plus de 5 millions d’euros, dont les exécutants seraient l’homme d’affaires Stefano Bonet et le consultant Paolo Scala. Mais pas seulement. Détournement de contributions électorales, transactions illicites… Les proches et la famille de Bossi sont impliqués.

Roberto Maroni veut « nettoyer le poulailler »

Ils l’ont fondé ensemble en 1984 cette Ligue Lombarde, devenue en 1989 la Ligue du Nord. Le co-créateur Roberto Maroni, ancien ministre de l’Intérieur de Berlusconi, semble aujourd’hui le mieux placé pour succéder à Bossi. Maroni se distingue de son camarade. Son idéologie est moins floue, ses positions plus dures. En 2009 il refoule des embarcations de migrants Libyens vers leur pays, ce qui a valu à l’Italie d’être condamnée par l’Europe. Mais les deux hommes ont ça en commun : le rejet du sud, corrompu et fainéant, l’impression de travailler pour aider l’État à porter assistance à une terre dont ils se sentent détachés.

La Padanie, terre imaginaire

Pour donner corps à la révolte des industriels et commerçants du Nord exaspérés par les lenteurs administratives, la centralisation du pouvoir et les impôts, ils créent un territoire géographique imaginaire, la Padanie. Riche idée. Ça ne fonctionne pas, on coupe. Pô, Piémont, Vénétie et jusqu’aux Alpes : bienvenus en Padanie.Et ça marche. Aux dernières élections de 2008, la Ligue enregistrait 8,3% des suffrages nationaux. Mais avec la chute de Berlusconi en novembre dernier, dont le parti xénophobe a toujours été un soutien, et les chambardements actuels, qui peut prévoir un bon score de la Lega Nord au scrutin local des 6 et 7 mai prochains ?


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